L’armée nationale libyenne intensifie ses opérations dans le Fezzan pour assurer son emprise sur le trafic autour de la frontière avec le Tchad et le Niger. Elle tente pour ce faire de rallier les Toubous à sa cause.
Le clan du patron de l’Armée nationale libyenne (ANL), Khalifa Haftar, veut régner sur les trafics transfrontaliers dans le sud du pays. Sous le vice-commandement de son fils, Saddam Haftar, l’ANL mobilise activement ses troupes depuis la mi-juin pour pouvoir prendre le contrôle des points de passage stratégiques et de l’importante manne financière que représente la contrebande dans cette zone : drogues, hydrocarbures, minerais et armes.
Parmi ces positions, Saddam Haftar cherche à mettre la main sur les flux qui transitent au niveau de la zone frontalière, où s’étend le vaste territoire aurifère allant du nord du Tchad au sud de la Libye. L’ANL a effectué des arrestations et mené des assauts contre des Tchadiens dans la zone, n’hésitant pas à s’aventurer jusqu’à la localité de Kouri, située plusieurs dizaines de kilomètres au-delà de la frontière libyenne. Là-bas, elle a remis, le 28 juin, 275 prisonniers tchadiens à la force mixte libyo-tchadienne.
Saddam Haftar conserve une certaine latitude pour conduire ses opérations dans la région tandis que son allié, le président tchadien Mahamat Idriss Déby, veut renforcer son contrôle sur le nord du pays, craignant de voir s’y installer des opposants politiques.
Verrou stratégique
Dans le Fezzan, le grand Sud libyen, l’autre verrou stratégique qui est dans le viseur de Saddam Haftar se trouve au niveau de la passe de Salvador, point de passage situé au nord-ouest de la localité nigérienne de Madama, au croisement de la Libye et de l’Algérie.
Il cherche toujours à y traquer son opposant, le Toubou Mohamed Wardougou (AI du 12/02/26), qui a créé la South Liberation Operations Room (Slor). Bénéficiant de connexions au sein du Gouvernement d’union nationale (GUN) de Tripoli, Mohamed Wardougou a mené des attaques fin juin et continue de menacer les intérêts de Saddam Haftar dans le Sud.
Pour tenter de déstabiliser son opposant, le clan Haftar cherche à rallier les Toubous de la zone. C’est ainsi qu’il peut désormais compter sur les combattants menés par Ali Sida, un officier toubou, pour venir épauler l’ANL. Il a d’ailleurs libéré le chef militaire toubou Hassan Keley, fin juin. Arrêté par l’ANL un an auparavant, il avait combattu au sein de la même milice qu’Ali Sida en 2011.
Tribune Info
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