Après plus d’un an d’attente, la présidence camerounaise a arrêté le tracé de la future ligne reliant Ngaoundéré, dans le nord du pays, à la capitale tchadienne. Le groupe émirien Etihad se place sur le projet.
Le projet de désenclavement du Tchad par voie ferroviaire a enfin passé une étape, toute symbolique. Le 5 juin, le secrétaire général de la présidence camerounaise, Ferdinand Ngoh Ngoh, a rendu au ministre des transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, son arbitrage sur la construction de la ligne de chemin de fer reliant Ngaoundéré (région de l’Adamaoua), dans le nord du Cameroun, à N’Djamena, la capitale tchadienne.
L’itinéraire occidental, passant par Ngaoundéré, Garoua, Maroua, Kousseri et N’Djamena, a eu la préférence de la présidence camerounaise. Deux autres corridors étaient en concurrence, une ligne centrale traversant notamment Figuil et Pala ainsi qu’une ligne passant par Moundou et Bongor, au Tchad (AI du 18/08/25).
Ce dernier choix était pourtant le plus logique d’un point de vue économique, le chemin de fer pouvant desservir les deux métropoles, actives dans le domaine cotonnier et surtout pétrolier. La présidence camerounaise a toutefois choisi de privilégier Maroua et Garoua, deux villes camerounaises qui ont connu des insurrections en marge de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Parmi les revendications et griefs des manifestants, le manque criant d’infrastructures de transport, le système routier étant lui aussi en mauvais état.
Intérêts émiriens
Depuis plus d’un an, le gouvernement tchadien s’agaçait des atermoiements de Yaoundé, alors qu’il juge la construction de cette ligne vitale pour réduire sa dépendance au transport routier. Évalué à au moins 6 000 milliards de francs CFA (environ 9 milliards d’euros), le projet reste confronté à des obstacles logistiques et financiers considérables.
Dans sa note du 5 juin, le secrétaire général a également validé la signature d’un protocole d’accord avec Etihad Rail, la compagnie publique émirienne des chemins de fer. Un tel accord avait déjà été signé en mai 2025 entre le gouvernement tchadien et le groupe émirien, qui va désormais s’atteler à la mise à jour de l’étude de faisabilité et commencer à mobiliser les financements.
Les intérêts des Émirats arabes unis poursuivent ainsi leur progression au Cameroun. En février, le groupe AD Ports a obtenu une concession de trente ans pour la construction et la gestion du nouveau terminal de vrac du port de Douala.
Tribune Info avec Africa intelligence
Luc Fils de Jacob