Lors d’un point de presse tenu ce vendredi 9 janvier, le ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat (MATUH), Mahamat Assileck Halata, a officiellement annoncé la reprise des travaux du Comité national interministériel chargé des réserves de l’État. Cette initiative vise à récupérer et à immatriculer au nom de l’État les terrains occupés illégalement, dans un effort visant à restaurer l’autorité publique et à corriger les abus fonciers.
Le ministre, qui préside ce comité, a souligné que les travaux, suspendus temporairement afin d’y voir plus clair, reprendront dès la semaine prochaine de manière « simple et pragmatique ».
Il a insisté sur le respect scrupuleux des textes légaux, sans abus, mais avec une fermeté absolue. « Quiconque occupe de façon illicite les réserves de l’État doit les restituer à l’État. Point final », a-t-il affirmé.
Mahamat Assileck Halata a salué l’action du maire du 10ᵉ arrondissement de N’Djamena, qui a déjà procédé à la récupération et à l’immatriculation de certaines réserves sur injonction du comité. Il a appelé l’ensemble des maires des communes, membres dudit comité, à lui emboîter le pas. « En restant droits, en respectant scrupuleusement les textes, sans aucun abus, mais en récupérant les réserves de l’État, quelles qu’elles soient. »
Le ministre a martelé que cette démarche n’épargnera personne, « ni ministre, ni général, ni haut placé », et qu’elle sera accompagnée de concertations afin d’éviter les injustices, tout en garantissant que « ce qui appartient à l’État doit revenir à l’État ».
Parmi les défis évoqués, le ministre a pointé du doigt les installations anarchiques sur ces réserves, qui entraîneront des déplacements de populations. Il a également dénoncé les nombreuses tricheries constatées, notamment l’existence de titres fonciers multiples ou frauduleux sur un même terrain. « Vous avez un terrain avec trois ou quatre titres différents dessus. Plus on avance dans ce travail, plus on découvre qu’il y a énormément de faux. »
Il a ainsi invité les détenteurs de titres fonciers à vérifier leur authenticité et leur unicité.
Le ministre a par ailleurs critiqué certains magistrats qui, selon lui, font du foncier un « fonds de commerce » en délivrant des titres illégitimes, entravant ainsi l’action de l’État.
« Nous demandons leur parfaite collaboration, afin qu’ils ne viennent pas casser l’élan de ce travail en cours », a-t-il plaidé, annonçant une collaboration étroite avec le ministère de la Justice, dont le titulaire est vice-président du comité.
Enfin, Mahamat Assileck Halata a promis des sanctions sévères contre les « individus véreux » au sein des administrations, y compris dans son propre ministère, aux Finances et aux services du domaine. « Nous accomplissons ce travail non de gaieté de cœur, mais par devoir. Et nous nous assumons en tant qu’autorité de l’État », a-t-il conclu.
Tribune Info
Julie Astongar