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TCHAD/Réseaux sociaux : L’état d’esprit d’un activisme non productif. Activisme, radicalité et illusion héroïque – Quand le bruit remplace la pensée.
TCHAD/Réseaux sociaux : L’état d’esprit d’un activisme non productif. Activisme, radicalité et illusion héroïque – Quand le bruit remplace la pensée.
L’ère des réseaux sociaux a profondément modifié la manière dont les citoyens perçoivent la politique et la diplomatie. Ce qui relevait autrefois du temps long, de la négociation discrète et de la réflexion stratégique est désormais soumis à l’immédiateté, à l’émotion et à la surinterprétation permanente.
Dans ce contexte, un activisme numérique s’est développé, souvent présenté comme panafricaniste, mais dont le fonctionnement mérite d’être interrogé. Une partie de cet activisme ne vise pas la transformation réelle des États, mais la perpétuation du conflit. Car sans combat, sans ennemi désigné, sans tension permanente, ces figures perdent leur visibilité, leur utilité symbolique, leur statut de “héros”. Le problème est là : Si la situation s’apaise, ils n’existent plus. Ils ont donc besoin de radicaliser, de simplifier à l’extrême, de présenter toute négociation comme une trahison, tout silence comme une soumission.
Le silence confondu avec le vide
Là où la diplomatie fonctionne par étapes, ces activistes exigent des résultats immédiats. Là où l’État attend des chiffres consolidés, ils réclament des annonces spectaculaires.
Là où l’on négocie, ils extrapolent.
Le silence diplomatique, qui est un outil de travail, devient dans leur lecture un scandale, une preuve de faiblesse ou de complot. C’est une méconnaissance profonde du fonctionnement des institutions et des relations internationales.
Une posture héroïque sans transformation.
Beaucoup de ces figures se sont installées dans une posture héroïque artificielle :
– parler au nom du peuple,
– se poser en sauveurs,
– dénoncer sans proposer,
– radicaliser sans construire.
Ils occupent parfois l’espace laissé vacant par de véritables penseurs, réformateurs ou bâtisseurs. Mais l’indignation n’est pas un projet politique. L’opposition est nécessaire, l’hystérie inutile. Soyons clairs : toute démocratie a besoin d’une opposition. Mais une opposition structurée, intelligente, argumentée, pas une opposition infantile qui dit non à tout. Dire non n’est pas penser. Refuser sans proposer n’est pas gouverner. Une opposition mûre s’oppose avec discernement, avec finesse, avec sens de l’État. L’hystérie permanente, elle, ne produit que du bruit.
L’activisme numérique peut être un moteur.
Mais lorsqu’il devient une fin en soi, lorsqu’il se nourrit exclusivement du chaos et de la radicalité, il cesse d’être utile. Le débat démocratique n’évoluera jamais tant que l’on se contentera de postures. Il mérite de la pensée, du courage intellectuel et une vision.
Sans cela, le bruit remplacera toujours la construction.
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